Jeudi 13 octobre 4 13 /10 /Oct 05:37

l'histoire de l'hôtel Baudy se confond avec l'histoire  de Giverny naturellement  . Néanmoins , je circonscrirai le propos uniquement à ce lieu .

Pour les amoureux du Giverny d'antan ,le site de Jean Michel PEERS  (Giverny autrefois) saura vous apporter les informations que vous pourriez chercher .

Giverny, autrefois... Photo Gallery by Jean-Michel Peers at pbase.com 

  http://www.pbase.com/nieuwburgh/image/122195830   

 

 

 

 

 

 

 

  


L'HOTEL BAUDY

 

Texte d'André Buffet et de Jean-Michel Peers
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art.
Documents d'époque de la famille Baudy-Perdrix.
Avec la collaboration de Christian Jeanney
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Monsieur Baudy Lucien est représentant en machines à coudre; madame Baudy Angélina est
la patronne du café-épicerie. Elle « fait » un peu bazar, et tient à disposition quelques
articles d'usage courant: savon, papier à lettres, encre, plumes , etc..
La vie est calme à Giverny; une petite clientèle, la routine.

A L'ORIGINE, ce qui deviendra l'hôtel Baudy, comportait un bar (à gauche),
une épicerie (à droite), avec, plus tard, une recette auxiliaire des Postes...



... et un atelier attenant où Lucien Baudy remisait
et entretenait ses machines à coudre.



Le réveil est dur quand s'abat le succès sur le village. Le hasard n'y est pas étranger, la sérénité du site non plus.
Les peintres affluent à l'auberge Baudy: ils sont américains pour la plupart, anglais, écossais, et d'autres nations.
Rapidement l'auberge compte une douzaine de chambres. Mais la pension ne suffit plus; on loge chez l'habitant;
les peintres, hommes et femmes ( on les nomme peintresses), occupent les chambres libres du village.


UNE EVOLUTION RAPIDE ET UN CONCEPT NOVATEUR





Le café-épicerie-auberge devient vraiment hôtel avec l'agrandissement que les Baudy entreprennent
entre 1888 et 1891. Il y a même une entrée cochère pour les véhicules... "Entrée de l'Hôtel".
On peut dire que l'hôtel Baudy est à cette époque le premier établissement en France aménagé
spécialement pour les artistes-peintres, disposant, en particulier, de deux ateliers
installés à l'étage en 1890, avec les verrières au nord, comme il se doit...



... et d'une grande terrasse d'angle avec plancher en bois, recouvert de zinc, exposée plein sud-ouest.



C'est de cette terrasse que Cézanne immortalisa ce somptueux décor d'été lors de son bref séjour à Giverny.




La maison à colombages ne se cache plus derrière les grandes meules; aujourd'hui elle se détache sur un fond de verdure.






Le confort n'est pas oublié. Les Baudy construisent tout en haut du jardin un bassin de 20 m3
alimenté par l'eau d'un puits foré à 22 mètres, en service plus bas. L'eau était remontée
vers ce "château d'eau" par un système de pompes. C'était novateur pour l'époque.
En tout cas, il fallait de l'eau pour les hôtes de la vingtaine de chambres,
(l'eau de la ville n'arrivera que 50 ans plus tard.) A l'intérieur, comme sur la façade,
les couleurs étaient particulièrement harmonieuses. La présence des tous ces peintres
habiles à choisir les teintes sur leur palette a sûrement donné aux Baudy le goût des
belles associations de couleurs. En tout cas, il y avait beaucoup de monde à
l'hôtel Baudy et l'on y vivait bien!


On vit à l'américaine, on mange à l'américaine. Madame Baudy doit mettre à jour ses livres de
recettes afin de plaire à ses convives. Elle apprend même à préparer le thé!
On prend pension pour 5 francs par jour.
C'est une cuisine familiale, utilisant les ressource du potager attenant aux tennis. On arrose
avec l'eau du petit bassin alimenté par les eaux de ruissellement provenant des pentes du jardin
et de la toiture. L'eau est canalisée sous la terrasse de l'autre côté de la route.








Le livre de cuisine de madame Angélina Baudy est riche en recettes de toute nature.
Parmi celles-ci, nous avons sélectionné un Christmas Pudding, accompagné de Butter
Pudding, qui ont retenu notre attention, servis évidemment au repas de Noël.
C'est un bonheur! Tellement que cette pratique culinaire est perpétuée
depuis cinq générations. Et la relève est présente pour poursuivre
nous dit Véronique Perdrix, qui nous a confié ces recettes.



Nous avons trouvé également la recette d'un vin fortifiant. Les moines rougeauds
et bedonnants ne possèdent pas toutes les exclusivités, évidemment.









En 1887, à l'instigation de Theodore Robinson, le premier atelier indépendant de Giverny
est construit dans le jardin de l'hôtel. C'est là que les peintres qui venaient peindre
en plein air se mettaient à l'abri pour terminer leurs toiles. Le parc est romantique
à souhait; ses bassins et ses ilôts de verdure sont propices à la quiétude, à la
rêverie et finalement au dessin. C'est Monsieur Lebrun, ancien jardinier de
Claude Monet, devenu maraîcher à Giverny, qui a dessiné les terrasses.
(cf Daniel Goupil)



Les rayons de l 'épicerie se sont enrichis d'articles supplémentaires. On trouve chevalets, chassis, pinceaux,
et autres choses encore, fournis par les établissements Lefèvre et Foinet de Paris.







Les peintres s'adonnent au sport, et à d'autres passions. Pour les uns c'est le tennis.
Les tournois sont organisés sur deux courts. Stanton Young est un champion redouté.






On peut reconnaître ici deux filles Mac Monnies avec la petite Suzanne Baudy, la nurse,
et sur la droite, Clarisse, sa maman.

Pour d'autres, c'est la chasse, le patinage, où la promenade en barque
à fond plat sur le bras de Seine à Bennecourt, en face « Le Zola ».
Les peintres américains « impressionnent » les Givernois par leur exubérance.
Ils les agacent parce qu'ils troublent leur train-train.
Et en définitive ces derniers participent: les uns assistent aux tournois de tennis,
les autres organisent des réunions musicales.
Serge Legendre affirme que « des soirées musicales et théâtrales, bals cotumés, fêtes foraines,
défilés de voitures et de chars fleuris, étaient régulièrement organisés par les jeunes givernois:
Hervieux, Ledanois, Hannoyer, Féron, Lenoir etc...., au bénéfice de la bibliothèque scolaire. »
La vie bascule. Et qui s'en plaint? Les boutiques sont devenues prospères.
Les habitants ne rechignent pas à loger un peintre, même pour une saison.
L'animation est garantie dans le village et tout ça dans la bonne humeur.
A leur arrivée chez les Baudy les artistes ne vivent pas dans l'opulence,
mais quelques années plus tard ils se sont singulièrement « embourgeoisés »
et profitent de ces folles années.





On se réunit chez les Baudy, on y fait la fête. La salle à manger est un lieu très convivial;
Certes les peintres envahissent Giverny; d'autres artistes tels les poètes,
les sculpteurs, les écrivains les rejoignent et se mêlent volontiers à leurs facéties.
Ce monde joyeux forme une communauté soudée par le langage unique de l'art, souvent par la pauvreté,
surtout au début de leur séjour à Giverny; bref, par un ingrédient favorable à resserer les liens.

Il est courant que des artistes peu fortunés règlent leurs dettes en abandonnant leurs toiles à leurs créanciers.
On retrouve d'ailleurs au fond de la salle, quelques esquisses d'oeuvres ou des toiles devenues célèbres!



1: inconnu.
2: THEODORE ROBINSON, "Vallée de Seine".
3: THEODORE ROBINSON, étude préparatoire pour le tableau en pied. Cette esquisse est perdue (peut-être
dans un grenier ou détruite). Sur cette page, au § "Les peintres au travail" on peut voir la
photo du modèle de cette esquisse, prise par le peintre, et dont il s'est servi pour sa toile "The Layette".
4: MARY Mac MONNIES, represente Marthe Lucas, la gouvernante et Betty ou Marjorie,
les enfants Mac Monnies. Peint au Moutier.
5: THEODORE ROBINSON, tableau faisant partie de la serie faite à la ferme sur l'île,
à laquelle appartient l'esquisse n°3, à comparer à un tableau d'une pose similaire
(l'arbre "japonisant" est le même); localisation inconnue. (Voir "Les peintres au travail" ci-dessous).
6: Fait beaucoup penser au travail de BLAIR BRUCE. Ce tableau était à l'Hôtel Baudy et
fut donné par Mme Baudy à Mr Suzé en 1928. Il reste un doute sur l'auteur de
cette oeuvre, car Robinson a egalement croqué des arbres ....

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Au début de la dernière décennie du siècle, Dawson et Butler éditent un journal écrit,
illustré et édité par la communauté solidaire. « Le Courrier Innocent » est une revue « bon enfant »
où transparaît la nostalgie, la mélancolie, mais aussi le bonheur, la joie de vivre et l'amitié;
bref, des sentiments et des états d'âmes méconnus des gazettes montmartroises de la même époque.





Plus tard l'hôtel Baudy devient l'hôtel Callet

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Grâce à la participation active et généreuse de la famille Baudy-Perdrix,
nous avons le plaisir de présenter la page suivante:

LES ACTIVITES DE MADAME ANGELINA BAUDY et
L'ENVIRONNEMENT ARTISTIQUE DE L'HOTEL BAUDY
(Collection famille Baudy-Perdrix)


Nous reproduisons quelques épreuves tirées d'albums que la famille Perdrix a eu la gentillesse
d'ouvrir pour nous. Nous l'en remercions vivement et l'assurons de notre gratitude.





Personne ne peut s'y tromper. Il s'agit bien là d'un normand, d'un vrai normand.
Vous avez reconnu, bien sûr, Jean-Jacques Ledoyen, père d'Angélina Baudy.
Coiffé d'un képi de feutre à visière rigide, cet homme à l'aspect débonnaire respire
la santé. Sa blouse de travail est rapetassée aux manches; il porte des manchettes;
à l'époque il fallait faire durer le linge. Il avait épousé Claire Pélagie Leroux.





Peu avant 1920, Gaston le fils d'Angélina, et Clarisse son épouse à sa gauche, posent dans le parc
un après-midi de juin; les rosiers sont en fleurs, l'été s'annonce, la petite Suzanne se fige
devant l'objectif. Madame Ledoyen son arrière-grand-mère, assise, la surveille.
Est-ce madame Angélina Baudy, un peu à l'écart, éblouie par le soleil qui contemple
sa maison où tant d'évènements se sont déroulés en si peu de temps?





Avant d'accéder aux tennis, un bassin d'eau se situait sous la terrasse actuelle.
Comme tous les enfants, la petite Suzanne s'amuse à puiser de l'eau
avec son arrosoir, en compagnie de Clarisse, sa mère.

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Nous sommes en été ; les clients sont arrivés en limousine.
Madame Angélina a dressé une table au jardin. Les couverts d'argent, la vaisselle
de porcelaine sont disposés sur l'épaisse nappe blanche. On se sent bien chez les Baudy.








Que de banquets, que de repas familiaux se sont succédés chaque dimanche durant des années,
pour la joie des convives! Clarisse sert les mets délicats confectionnés par l'hôtesse.
Son col de dentelle empesé contraste sur son élégante robe noire, protégée
d'un minuscule tablier de coton blanc. Oui, c'est dimanche.

Réunis pour boire un pot, (bouteille de 50cl à fond épais) quelques peintres et peut-être
quelques givernois, goûtent le frais vin rouge. On fume, on parle de tout et de rien,
histoire de passer une heure entre amis: c'est la détente. Même le chien est heureux.









Ce jour là quatre artistes trinquent à leur succès, à leur avenir.
Accoudé au bahut, il semblerait qu'il s'agisse de Frédérick Mac Monnies.
Les apéritifs, en particulier les vins cuits, sont arrosés d'eau de Seltz gazéifiée
et peu acidulée, présentée en bouteille sous pression; c'est la coutume de l'époque.
Au moment où les verres à pied s'entre-choquent et tintent, le plaisir se lit sur les visages.
L'instant est inégalable. On voit distinctement les peintures accrochées au mur de la salle
de restaurant. Elles ont été offertes à madame Baudy ou laissées par leur auteur
en règlement de leur pension. Une question: quel est donc cet instrument conique,
à droite, posé sur la table? Serait-ce une bouteille de calvados?






En dehors de leurs activités, les artistes entretiennent des relations confraternelles.
Leur tenue n'est jamais négligée; on les voit ici en complet-veston ...
et cravatés pour ne sortir que dans le parc, derrière l'hôtel.
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LES PEINTRES AU TRAVAIL





Seuls, en groupe, les voilà au travail sur le motif. Ici en forêt, là dans une rue du village,
comme Theodore Robinson, avec la maison de famille des Baudy en travaux sous la mairie...



House with Scaffolding, North Carolina Museum of Art

... ou dans les champs, ailleurs au bord de l'Epte, ils vont partout où l'inspiration les conduit.
Ci dessus, l'un d'entre-eux serait Radimsky. Certains ont des affinités pour le site,
d'autres ont leurs méthodes de travail. Ainsi, Theodore Robinson a la
particularité de photographier ses sujets pour les reproduire
au carreau. Voici quelques-unes de ses épreuves:





Intitulé: « Gossips », traduisant le bavardage de ces femmes au travail, la peinture est plus
complète que l'épreuve sur papier albuminé présentée ici. En effet le cadrage de son oeuvre
laisse apparaître le pont des Chennevières sur la gauche. La composition s'équilibre en
déplaçant l'enfant au pied d'un arbre, et augmente la profondeur par l'ouverture d'un
battant de la porte du moulin des Chennevières qui laisse entrevoir la cour.






Lorsqu'il habitait la demeure de madame Baudy au carrefour de la Rue d'en Haut et de
la Route de la Chapelle Saint-Ouen, le jardin fut employé par Theodore Robinson
à des fins artistiques, pour y photographier ses modèles. Ainsi la jeune femme adossée
à un arbre lui inspira: « Potato Harvest » ainsi que « In The Garden ».









« The Layette » est la réplique frappante de cette épreuve.
Le modèle devait lui être favori, tant il l'utilisait.





Toutefois cette épreuve-ci n'eut pas de suite, et,
a priori, ne fut pas à l'origine d'une oeuvre.





Theodore Robinson photographia un jour cette gracieuse personne. Ce fut le point de
départ d'une magnifique toile peinte en 1891, qu'il intitula « In The Sun ».





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DAWSON DAWSON-WATSON





Résolument décontracté. Dawson Dawson-Watson pose devant l'objectif.
Un peu cabot certes, mais quel charme!! Il tire sur sa pipe au fourneau
d'écume de mer, dont la forme ajoute à l'élégance de l'homme.









Ainsi qu'en témoigne l'inscription au verso de la photographie, qu'il faut traduire:
Dawson Watson et son épouse Mary, se situent en 2ème et en 3ème position à partir de la droite.
Ce jour là, ils avaient tous décidé de se vautrer dans l'herbe, de faire les clowns.

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Oh! cela ressemble fort à un vélo de course! Ils étaient fabriqués en fer brasé.
Souvent avec un pignon fixe. Il fallait de bons molets pour grimper les côtes.
En ce temps là, une plaque d'identité en aluminium au nom du
propriétaire était fixée au cadre. Toute une époque!!
Ici, Vàclav Radimsky, amateur de vélo, est perplexe. A-t-il raison de confier son vélo
à ce petit homme gauche, qui semble ne pas savoir l'utiliser. L'expérience est
hasardeuse et la suite de l'histoire risque d'être cocasse.





Pratiquent-ils le tennis ou se battent-ils? En tout cas ils s'amusent bien.
Un peu posée, la photo est très jolie et bien cadrée.





Le Groupe Symphonique de Vernon, ainsi que la Société Musicale de Gasny donnaient souvent
des concerts à Giverny. Les courts de tennis sont le lieu propice par excellence; et puis
le café Baudy est tout près pour se désaltérer. Je le dis sans ironie.
Sur cette photo, il se pourrait bien que l'on reconnaisse l'instituteur, Achille Delaplace,
qui était aussi musicien (il jouait et enseignait le violon) et participait toujours
aux évènements du village. Son petit-fils, Bernard Guillot pense qu'il s'agit du
monsieur de droite en canotier, qui regarde le photographe.

A l'époque, - encore de nos jours -, tout rassemblement qu'il soit heureux ou tragique,
se termine par un pot. Parce qu'on y parle beaucoup, qu'il est très convivial de trinquer,
d'aller l'un vers l'autre et de partager. Ce qui manquerait peut-être à notre société actuelle.





On se salue, on se congratule. Mais quel est donc cet équipage bon enfant ?
Des représentants qui, leur travail achevé, vont rejoindre, à l'aide de ce
véhicule hippomobile appelé « omnibus », la gare de Vernon.





Le soir venu, au calme du jardin, Angélina Baudy feuillette avec attendrissement l'album de famille
en compagnie de sa fille Clarisse. Que de souvenirs! Nous sommes en 1930. Avant la Grande Guerre,
les peintres et les artistes en général, ont rejoint leur nation à quelques exceptions près.
Les mains jointes, les doigts croisés, attentive, un léger sourire aux lèvres,
les images lui sautent au visage. Son fils décédé. Voilà déjà dix ans. Sa petite fille Suzanne,
enfant épanouie au sourire radieux, sa discrète belle-fille Clarisse qui la seconda
avantageusement dans l'entreprise familiale. Et les pensionnaires? Les facéties des uns,
la turbulence des autres, de joyeux lurons en somme. Le souci de l'approvisionnement,
la confection des repas la semaine, des banquets le dimanche. C'est qu'ils étaient affamés les gaillards!
Aujourd'hui le calme est revenu. Une page de l'histoire du village est tournée.
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Par hotel - Publié dans : histoire de l'hotel baudy
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